Dans la ville de Tokyo, l'obscurité régnait en maître, sans que ce ne soit forcément la nuit. Dehors, un vent d'une violence inouïe accompagné d'une pluie torrentielle, se faisaient entendre. Dans son sommeil léger, Kyoko se serra craintivement contre le torse de son fiancé, qui resserra son étreinte. Elle semblait si fragile et jeune en cet instant. Après tout, elle venait à peine de fêter ses 20 ans... Il en avait 6 de plus. A l'époque où il l'avait rencontré, elle en avait 17 et lui 23, ses collègues l'avaient prit pour un de ces adultes qui fantasme sur les jeunes lycéennes. Il leur avait rétorqué que ce n'était pas « sur les jeunes lycéennes, mais sur une jeune fille, alors maintenant ta gueule et bosses ! ». Enfin, la personne la plus difficile à convaincre, fut bien évidement le père de Kyoko. Pas par l'âge, un homme mûr était toujours mieux qu'un jeune fou. Seulement, il n'était à cette époque qu'un ouvrier, plus doué que les autres en mécanique mais rien d'autre. Il ne pouvait pas promettre un environnement aisé à sa fille, surtout qu'un an après venait son accident...
Le plus doucement que possible, il passa sa main artificielle sur le visage de Kyoko. Son père lui avait donné son accord à condition qu'il prenne soin d'elle. Le jour où il s'était réveillé, une jambe et un bras en moins, il cru ne plus pouvoir honorer cette condition.
Et aujourd'hui, face à cette tempête qui semblait ne pas vouloir se calmer ?
Comme il en avait reçu l'ordre, Yuki avait barricadé toutes les fenêtres. Et si lui et Kuran n'avaient pas remercié Keiji pour cette initiative, ils le pensaient au plus profond d'eux-mêmes. Même si avec ce dispositif, ils leurs étaient impossible d'avoir la notion du temps qui passe et qu'ils vivaient en permanence dans une, quasi obscurité. A tel point que le souvenir de la lumière se faisait presque lointain et regrettable. Est-ce la nuit ? Le jour ? Tout semblait si sombre et violent... La jeune japonaise se réveilla une nouvelle fois brutalement, se relevant subitement. Chaque sommeil se terminait de cette façon. Les rêves étaient partit, ne restait plus que les cauchemars ou les nuits sans rêves, interrompu à chaque bruit effroyable. Un grondement sourd se fit entendre, glaçant le sang de la jeune éveillée déjà bien secouée. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien être ? Le tonnerre ? Une maison qui s'effondre ? Des voitures qui chutent des passerelles ? Ou pire, des corps qui, emportés par le vent, heurtent avec violence un building ? Le sommeil de Kyoko n'était qu'un répertoire de cauchemars cataclysmiques, et qui avait motivé Keiji à veiller sur elle à chaque instant.
La pluie avait inondé le rez-de-chaussée jusqu'aux chevilles de Kuran, plus grand que Keiji qui faisait un bon mètre 80. De ce fait, ils restaient au premier étage, l'endroit où se trouvaient les chambres, la salle de bain avec les toilettes. L'humidité était le pire ennemie de Keiji, car l'humidité endommageait ses nerfs électroniques, présent dans sa jambe et son bras de métal à défaut d'une matière plus confortable et plus esthétique. De plus, patauger au rez-de-chaussée en béquille, n'était pas dans les intentions du jeune homme. C'était donc Kuran et Yuki qui descendaient quand le besoin se faisait sentir. Malheureusement, cela n'était pas sans conséquence.
Les jours passèrent, tous plus éprouvants les uns que les autres. La tempête était toujours aussi violente et destructrice. Ils ne quittaient plus le premier étage, et se serraient les uns les autres, pour avoir un maximum de chaleur. Un matin, ou une nuit, ils n'en ont aucune idée, Yuki fut prit de spasmes, qui tordirent son corps avec brutalité. Quand Kuran passa sa main sur le front moite de Yuki, son c½ur loupa un battement.
Bouillant.
Kyoko décida donc de prendre soin de lui, du mieux qu'elle pouvait. Seulement, plus le temps continuait de s'écouler, plus la santé de Yuki se dégradait. Si bien que la volonté de l'ami d'enfance de Kuran, ne semblait plus suffire. Impuissante, Kyoko se mit même à prier pour que la tempête cesse et que Yuki puisse recevoir des soins avant que... Avant qu'il ne soit trop tard.
Au total, 12 jours s'écoulèrent, sans qu'ils puissent sortir de leur maison. Puis un matin, la tempête apocalyptique cessa et ils purent sortir. Kyoko fut la première à quitter la maison, toujours debout. Et ce qu'elle y vit à l'extérieur l'acheva. Elle se laissa tomber sur le sol et hurla. Un cri déchirant de souffrance. Les larmes vinrent ensuite inonder le sol. Tout était si injuste.
Le ciel avait prit une couleur rougeâtre, voilé de nuage noir. Tout semblait si mort...
-Kyoko...
La volonté de Yuki s'était éteinte le dixième jour. 2 jours plus tard et ils auraient peut-être pu le sauver. Cela faisait aussi 2 jours que son corps reposait sur le sol. Kuran était dans état encore plus pitoyable que Kyoko en ce moment même.
-P-Pourquoi ? Qu'avons-nous... Qu'avons-nous fait pour mériter cela ? Ce-Ce n'est pas juste...
Keiji la regarda, puis porta son regard sur la ville. Il y avait des voitures accidentées un peu partout, il en avait même une qui s'était incrustée dans un building... La maison où aurait dû travailler Kyoko il y a 12 jours, était entièrement détruite. Quand à ses habitants... Dans le même état que les cadavres sur les passerelles...
Kuran était encore à l'intérieur, s'occupant de mettre en valeur le corps de celui qui fut comme un frère pour lui. Ils ne pouvaient pas lui offrir un enterrement, et puis, vu la situation, ce n'était même pas la peine d'en réclamer un. Alors, ils allaient lui creuser une tombe au rez-de-chaussée de la ville. Même si Yuki méritait beaucoup plus.
-Kyoko, s'il te plaît, relèves toi.
-Tu... Tu crois que c'est de notre faute tout ce qui se passe ? Demanda Kyoko en relevant la tête.
-Hein ? Mais qu'est-ce que tu racontes ! Bien sûr que non, c'est une tempête, on y est pour rien. C'est naturel. Répondit Keiji, un peu surprit par la question.
-Oui, c'est comme pour ton accident et pour Yuki, on y peut rien. Le destin s'acharne, mais c'est NATUREL ! Kyoko hurla le dernier mot et frappa le sol avec son poing. Elle se fit plus mal qu'autre chose, mais cela faisait du bien d'évacuer tout ça.
Alors elle craqua et pleura de plus belle. Pour la fois où elle s'était retenue quand elle avait vu Keiji amputé, quand il souffrait le martyr avec ses membres mécaniques, quand elle avait annoncé qu'elle stoppait ses études pour travailler, quand Yuki ne s'était pas réveillé, mais aussi pour sa ville dévastée. Elle avait envie de partir. Quitter cette ville, aller à New-York et porter plainte contre l'industrie Briard, qui n'avait rien fait pour son fiancé. Oui, elle allait le faire. Kyoko avait bien abandonné ses études, elle pouvait bien abandonner sa ville et sa pauvre vie, pour dire ce qu'elle pensait à cette entreprise égoïste qui se fichait des pauvre gens ! Qu'avait-elle à perdre sinon Keiji ?
-Excuses moi Keiji... C'est-c'est l'émotion. S'excusa Kyoko en se relevant.
Dans un endroit lumineux et pur, des jeunes gens regardaient la surface d'une eau contenue dans une vaste coupelle en or. Si les humains semblaient faux avec leur traitement anti-vieillesse, ces deux là semblaient d'une beauté pur et inimitable.
-Cela va être l'heure Angy, nous devrions y aller. Annonça un jeune homme aux cheveux blonds.
-Oui...
Sur la surface de l'eau, la vue aérienne de la ville de Tokyo était dessinée. Un bien triste tableaux qui faisait penser à Angy aux enfers et non à un lieu vivant et chaleureux. Ils avaient décidément échoués à leur mission et les conséquences étaient inévitables, même pour eux, êtres célestes, qui avaient tant défendu les humains, durant la réunion avec les autres créatures. « Comme si les humains pouvaient être bon... » Avait déclaré Pein le chef des Démons. Le pire, c'est qu'il avait raison et eux, les anges, tord.
-Cette réunion risque d'être mouvementée, avec ce qui vient de se produire, Pein et les autres chefs des enfers vont être intenables. Dit le jeune homme, en récupérant son glaive d'or.
-Oui, je me demande combien de temps notre chef pourra les maintenir en place pour éviter la guerre... De plus, cela risque de finir en guerre entre toutes les créatures. S'inquiéta Angy, en réajustant son casque d'or.
-Il est là le problème, si cela se produit, ça accélérera le processus... Soupira l'ange, au glaive.
-Cela me fait peur Gabriel.
-Allez, la réunion va commencer, on a notre boulot de garde à assurer, pas le temps de s'inquiéter, notre chef est le meilleur, il évitera tout cela.
Gabriel déploya ses ailes blanches comme la neige et s'envola pour rejoindre la salle de réunion qui réunira tout les chefs des différentes espèces, suivit ensuite par Angy.